| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
|
Bill Bonner vient d'abaisser le drapeau "alerte au krach" ce jeudi... mais nous avions déjà sorti l‘étendard "ne restez pas vendeurs" dès lundi. A la question « quels pourraient être les signes précurseurs d’une reprise ? », nous avions suggéré le 9 mars de surveiller les volumes: « leur effondrement pourrait traduire un renoncement des vendeurs, ou la fin des liquidations à tout prix face à des acheteurs qui prennent la fuite dès qu’un carnet d’ordre se garnit de quelques lignes à la vente ». Même le pessimisme à peine voilé de Warren Buffet nous avait mis la puce à l’oreille: le « sage d’Omaha » affirmait que le « Pearl Harbour » financier avait fait voler en éclat toutes les références en matière de crise boursière et de vitesse de propagation des forces récessionnistes. La chute de l’économie américaine du « haut de la falaise » (pour reprendre un autre des ses aphorismes) s’est traduite très concrètement par l’évaporation d’une part non négligeable de sa fortune personnelle (-23Mds$ selon le magazine « Barons ») , ce qui le fait rechuter à la seconde place mondiale du classement des milliardaires derrière son complice Bill Gates qui remonte sur la plus haute marche du podium (la 3ème étant occupée par le magnat des télécoms mexicain Carlos Slim). Si Warren Buffet admettait de nouveau lundi s’être trompé sur la gravité de la situation ainsi que sur le « timing », cela confortait la thèse selon laquelle le comportement d’investisseur « value » moyen ou long terme est mort tandis que le « suivi de tendance » triomphe… la preuve étant faite qu’il est suicidaire de rattraper en vol le couteau qui tombe. Sauf qu’une entreprise cotée n’est pas un ustensile de boucherie… ou à l’extrême limite « un couteau sans manche dont on aurait perdu la lame » pour reprendre un célèbre aphorisme surréaliste (qualificatif qui s’appliquait parfaitement au cours des actions en début de semaine). Un marché n’est jamais aussi proche d’un retournement que lorsque l’ensemble des opérateurs ne sait plus très bien si les cours sont parvenus au-delà de toutes les normes d’excès connus ou s’ils sont justifiés par une réalité dont la gravité a été systématiquement sous-estimée. Ceux qui perdent de l’argent en s’obstinant à l’achat n’ont qu’à s’en prendre à leur propre aveuglement, où alors c‘est qu‘ils n‘ont pas lu les Chroniques Agora de l’automne 2006 et surtout celles publiées depuis le 27 février 2007, postérieures à la faillite retentissante de la banque californienne New Century Financial. Ce fut la première victime de « mauvaises pratiques » déontologique mais aussi et surtout des effets de levier démesurés qu’autorisait le principe comptable du « mark to market » (le même qui s’applique depuis des lustres à l’évaluation des OPCVM de type SICAV obligataires sur le Vieux Continent). Quarante huit heures après Ben Bernanke, le secrétaire d’état au Trésor Timothy Geithner faisait part aux auditeurs du Congrès et aux médias de réflexions qui vont dans le même sens que celles du patron de la FED: les deux ex-complices qui ont encouragé le gonflement de la bulle du crédit proposent aujourd’hui de trouver une alternative aux valorisations en « temps réel » de positions long terme prises sur des instruments obligataires par nature non liquides en période de stress financier. C'est une règle comptable dictée par un souci de "transparence" et de « véracité de la structure bilancielle »mais qui donne des résultats au mieux absurdes, au pire dévastateurs en faisant s'effondrer la valeur de l'ensemble des actifs pour lesquels il n'existe plus de "prix marché"... si ce n'est une valeur proche de "zéro" (15 ou 20% du "pair") alors que le risque lié à la sinistralité réelle justifierait un "discount" de 25% au maximum. La refonte des règles comptables actuelle pourrait être discutée lors du prochain « G-20 », en plus de la mise en place de nouvelles structures de surveillance et d’assistance aux établissements de crédit. Sa vocation serait de prévenir les dérapages puis de participer aux premiers secours en cas d’accident… une sorte d’arbitre de champs (l’homme en noir) doublé de « l’homme à l’éponge magique » que connaissent bien ceux qui fréquentent les terrains de sports ou suivent les rencontres sportives depuis le fauteuil de leur salon. Misant sur un arbitrage plus équitable et le traitement des « petits bobos » avant que la douleur ne dégénère, Wall Street a passé jeudi soir la surmultipliée. Les deux grands indices "larges" (S&P-500 et Nasdaq Composite) ont flambé de +4% en moyenne, le Dow Jones affichant +3,5% (pour l'anecdote, le seul titre en repli au sein du Dow Jones fut Microsoft avec -0,6%). Le même genre de scores avait été observé une semaine auparavant mais la grosse différence provient de ce qu'il s'agit cette fois d'une accélération "raisonnée" et progressive des cours et non d'un rebond "réflexe" découlant d’une vague de rachats à découvert aux origines indéterminées. Pour des vendeurs à découvert qui misaient une nouvelles fois sur l'incapacité des indices US à aligner plus de 2 séances de hausse, la poursuite du mouvement de reprise sous forme d'une progression linéaire durant plus 6 heures de cotations constitue un véritable supplice... et qui ne laisse pas d'autre issue, lorsque les écarts dépassent les 3,5%, que de déboucler les positions "short" dans les pires conditions. Beaucoup de commentateurs évoquaient les chiffres moins mauvais que prévu publiés ce jeudi: en effet la règle du "mark to market" uniforme n'étant pas encore abolie, Wall Street devait puiser -si possible- son optimisme dans les chiffres macro-économiques du moment.. Et l'occasion s'est présentée avec les ventes de détail aux Etats Unis en février: elles ont subi un effritement limité à -0,1% seulement (contre -0,5% anticipé) et la bonne surprise réside dans leur nette progression, hors secteur automobile (à hauteur de +0,7%). En rythme annuel, cela donne une contraction sans précédent de -8,6% mais les experts redoutaient un chiffre supérieur à -9% (avec la perspective d‘un score de -10% d‘ici fin mars). L’autre bonne surprise provenait des stocks des entreprises, lesquels ont diminué de 1,1% en janvier, après un repli de 1,6% en décembre (chiffre révisé après une baisse de 1,3% en première lecture). Cela pourrait s'avérer suffisant pour que la production manufacturière reparte après des mois de déstockage (seul le compartiment automobile demeurerait durablement affecté). Au-delà des chiffres « macro » Wall Street considère que dans beaucoup de dossiers, les rumeurs alarmistes ont été sur-anticipées: General Electric a bondi de plus de 12,7% ce jeudi, bien que la note de sa dette de long terme ait été dégradée jeudi par l'agence de notation Standard & Poor's de "AAA" à « AA+ ». A la veille du week-end, Wall Street s'apprête à connaître sa 1ère semaine positive depuis le 9 février. Le mois de mars a également cessé d'être négatif alors que le Nasdaq enregistre son plus fort rebond (+12% d'un seul élan) depuis fin novembre. Le bilan hebdomadaire s’avèrerait positif de +10,4% si la situation se figeait au niveau des cours de clôture de vendredi… mais il est parfaitement envisageable qu‘après 35 séances de repli sur une série de 45 (entre le 6 janvier et le 9 mars), le stock de journées placées sous le signe de la hausse ne soit pas épuisé. Qu’il dure 24H de plus et ses chances de se poursuivre augmenteront encore. Pour illustrer la situation telle que nous la percevons, voici une courte histoire dont beaucoup de nos lecteurs devineront la chute avant la fin du 1er paragraphe: lors d’une soirée poker « no limit » à Las Vegas, un des participants s’aperçoit qu’il a égaré son portefeuille copieusement garni de liquide. Il file tout droit vers le micro d’ambiance et déclare « j’offre 500$ à la personne qui me ramène un portefeuille perdu à proximité du bar vers 21H30 »… aussitôt, une voix s’élève du fond de la salle : « j’offre 700$ », puis une autre près de la table de black jack surenchérit "1.000$"… etc. |

Selon L’Agefi suisse,
la dureté de la période incite les acteurs de la gestion de fortune à préparer leur redéploiement dans les meilleures conditions possibles, notamment en renforçant leurs équipes.
La course au recrutement concerne les banques de gestion
de manière générale. Les banques Pictet & Cie, Lombard Odier, Syz, Julius Bär, ou encore KBL Swiss Private Banking bénéficient de ce point de vue d’un excellent positionnement. Si les banques
semblent recruter à tour de bras, elles n’en demeurent pas moins pointilleuses sur les critères. Les profils recherchés doivent répondre à de nouvelles exigences:
la qualité prime clairement sur la quantité,
souligne le quotidien.
Par Didier
Laurens
Pour Antoine Billot, professeur de sciences économiques à l'Université de Paris II et membre honoraire de l'Institut
Universitaire de France, la crise va favoriser le renouveau du chartisme, même si cette discipline doit encore trouver son langage théorique.
Comme Antoine Billot, Thami Kabbaj, thésard et auteur d'un livre sur la psychologie des traders (Editions Eyrolles), considère que la revanche du chartisme passe aussi par la reconnaissance du
monde académique.
Newsmanagers.com : Pourquoi le chartisme est-il tant décrié ?
Antoine Billot (en photo)//Thami Kabbaj : Le chartisme – l’analyse technique financière popularisée en Occident par Charles Dow, le créateur du Wall Street Journal – a fait l’objet d’une véritable campagne de démolition systématique à partir des années 60.
Au mieux l’assimilait-on alors à une approche financière de la voyance (une boule de cristal en guise de modèle), au pire à une conception nocive autant qu’archaïque des marchés financiers ; on traitait les chartistes de noise traders et – défaut suprême – on considérait l’analyse technique comme moins noble que l’analyse fondamentale en ceci que, d’essence empirique, elle n’était pas parée des atours rassurants et abscons de la science.
C’est ainsi que, malgré sa relative jeunesse, l’analyse fondamentale a très vite réussi à s’imposer auprès du monde académique puis, par contagion, à convertir ceux
des jeunes traders qui, de par leur formation, étaient a priori plus sensibles au charme élitiste d’une équation mathématique qu’à celui, apparemment plébéien, d’une analyse
empirico-statistique.
Le chartisme a-t-il, malgré tout, conservé sa place dans l'univers de la gestion d'actifs ?
AB/TK : Au terme de cette campagne de dénigrement, force est de constater que l’aura du chartisme n’a pas diminué auprès du grand public, ni d’ailleurs auprès des professionnels les plus méfiants, c’est-à-dire les plus roués aux caprices des marchés.
Bien au contraire. Ainsi, des gérants aussi renommés que Steve Alan Cohen, Bruce Kovner ou Paul Tudor Jones, qui
opèrent sur les marchés depuis plusieurs décennies et affichent régulièrement des performances très élevées, restent des partisans affichés de l’analyse technique.
Pourquoi le chartisme conserve-t-il cette "popularité " ?
AB/ TK : Les raisons de la résistance du chartisme sont multiples. D’abord, l’analyse fondamentale est comme un "torchon sur un télescope" quand il s’agit de prévoir une crise majeure (bulle spéculative, krach…) : en mars 2000, 99 % des analystes de Wall Street étaient résolument acheteurs ; plus récemment encore, en dehors de quelques très rares exceptions comme Nouriel Roubini, aucun fondamentaliste "intégriste" ne parvenait à anticiper les conséquences de la crise des subprimes.
Ensuite, les scandales qui ont émaillé la vie financière de ces dernières années (Enron, Parmalat, WorldCom, EADS, etc.) démontrent à l’évidence l’effet éminemment
pervers des asymétries informationnelles que les fondamentalistes nient par aveuglement théorique ou par idéologie.
Enfin, certains économistes, comme Cheol-Ho Park ou Scott H. Irwin, font état de ce que sur 92 analyses récentes fondées sur l’analyse technique, 58
publient des résultats positifs et seulement 24 études des résultats négatifs. De même, de nombreux sondages réalisés auprès des professionnels démontrent que pour une grande majorité
d’opérateurs, l’analyse technique s’affirme comme la méthode la plus efficace afin d’anticiper les cours boursiers à court terme autant qu’à moyen terme.
En outre, dès 1983, des économistes comme Meese et Rogoff révélaient que les modèles macroéconomiques classiques prévoyaient moins bien l’évolution des taux de
change, malgré la sophistication des techniques statistiques employées, que les modèles naïfs fondés sur de simples moyennes mobiles.
Pourquoi le succès du chartisme est-il, malgré tout, limité ?
AB/TK : Malgré son succès avéré donc auprès des opérateurs financiers, le chartisme n’a pas encore réussi à acquérir de véritable légitimité au-delà d’un certain cercle. C’est que la revanche du chartisme ne peut passer que par la reconnaissance du monde académique. Et les nombreux éléments empiriques et théoriques cités plus haut ne parviennent pas pour l’instant à le convaincre tout à fait — en raison sans doute d’une méconnaissance de cette approche plutôt que d’une réticence argumentée à son endroit.
Même si, ces dernières années, plusieurs recherches ont été menées qui prouvent la réelle efficacité de l’analyse technique — Carol Osler, économiste à la Réserve
fédérale américaine, ou Andrew Lo, responsable du département ingénierie financière du MIT, ont ainsi montré (séparément) qu’il était possible d’anticiper correctement les mouvements à court
terme grâce à l’analyse technique — le chartisme doit encore inventer son langage théorique, celui avec lequel il s’adressera au monde académique
pour le convaincre.
Comment améliorer la scienticité du chartisme ?
AB/TK : Plusieurs pistes sont actuellement suivies par les théoriciens qui défrichent le sujet. D’abord, l’analyse technique a depuis longtemps pris la mesure de l’importance de la psychologie dans la détermination des cours boursiers et cela, bien avant les travaux effectués par les comportementalistes — lesquels insistent désormais sur l’importance des biais psychologiques dans l’explication des anomalies boursières, sans toutefois en tirer de conclusions particulières.
L’analyse technique, qui repose avant tout sur l’existence de comportements récurrents chez les opérateurs, produit déjà, quant à elle, des figures chartistes,
c’est-à-dire en réalité des modèles graphiques aptes à décrire certaines des nuances les plus fines de la psychologie des intervenants.
Y-a-t-il d'autres pistes ?
AB/TK : Ensuite, une deuxième piste semble particulièrement prometteuse : celle reposant sur la Case Based Decision Theory. Selon cette théorie récente, la prise de décision en situation d’incertitude est essentiellement fondée sur l’expérience accumulée au sein de la mémoire des décisions passées. Et contrairement à l’analyse fondamentale qui est "rule-based" plutôt que "case-based", l’analyse technique requiert précisément, afin de prédire l’avenir, de repérer les récurrences dans la séquence des données passées.

Selon un sondage su site de recrutement eFinancialCareers.fr auprès de 888 professionnels de la finance, 47 % des banquiers britanniques envisageraient d'émigrer si un plafond était introduit sur leurs primes venaient à être plafonnées. Cette proportion atteint 71 % parmi les personnes interrogées qui ont entre 6 et 10 ans d'expérience. Le problème est que le nombre de pays de destination a spectaculairement diminué.

Penser « gouvernance » pour les Européennes ?
Pour commencer ce nouvel article, je souhaiterais reprendre quelques lignes de celui sur le capitalisme.
Cette crise que d’aucuns qualifient déjà de « récession » nous amènera, si nous voulons en sortir par le haut, à reconsidérer et à intégrer le rôle de nouveaux acteurs comme forces de
propositions, complémentaires des fonctions de l’Etat. En effet, par les changements énormes qu’il y a eu dans les moyens de communication, notamment de l’Internet, avec comme l’une des
conséquences une mondialisation de l’information, la Démocratie dans sa dimension de Gouvernance est en pleine mutation.
Les citoyens et la société civile, représentée notamment par les associations mais aussi par les ONG et les Fondations, doivent et peuvent
contribuer à la résolution de cette crise, en particulier dans son volet social qui se profile à l’horizon. Il n’y a pas que des inconvénients, cela peut constituer pour nos sociétés un
formidable renouveau démocratique et les débats qui s’en suivront seront porteurs de changements dans la gouvernance même des États. Il y a là avec l’ensemble de ces nouveaux acteurs et avec
l’État, un grand débat d’idées où la place de la morale, de l’éthique dans les domaines politiques et économiques devra être discutée de façon approfondie et responsable.
L’objectif de la gouvernance est de se rapprocher de l’optimum politique et de garantir par là un exercice efficient et efficace de gouvernement. C’est se résoudre à une approche globale dans l’exercice du pouvoir qui passe par davantage de dialogue, la recherche du consensus et la prise en compte d’intérêts multiples. Cette approche intégrée nous apparaît donc, en période de crise, d’une grande actualité et utilité.
Le concept n’est pas seulement à usage national mais aussi international. La prise en compte des intérêts
multiples et la recherche du consensus peuvent être les lignes directrices d’une diplomatie moderne qui s’inscrirait dans un monde multipolaire. Dans cette logique, il apparaît nécessaire, par
exemple, de refonder les organisations internationales telles que les Nations Unis, le FMI ou la Banque Mondiale. L’ensemble de ces organisations datent de l’immédiat après deuxième guerre
mondiale et le monde a beaucoup changé depuis, notamment avec la fin des empires coloniaux, la fin de l’URSS et l’émergence de nouvelles puissances.
La prise en compte du nouveau visage, ou devrait-on dire « des » nouveaux visages du monde, incite à envisager une réforme démocratique des grandes institutions internationales. Un Conseil de Sécurité intégrant un pays du continent africain mais aussi l’Inde et le Brésil, puis la création d’un siège pour l’Union Européenne, ou encore la présidence des grandes institutions financières que sont la Banque Mondiale ou le FMI occupée par des représentants de pays non Européens ou ne venant pas des États-Unis d’Amérique, sont des éléments importants à prendre en considération si nous voulons mobiliser l’ensemble de la planète dans la résolution de cette crise mondiale.
La mobilisation d’un grand nombre de pays et de leurs citoyens pour relancer l’économie mondiale est aujourd’hui un impératif qui s’impose à tous si l’on veut résoudre au plus vite et de façon la plus équitable possible la crise économique, devenue sociale, que nous traversons depuis plusieurs mois. Cela est d’autant plus urgent que cette crise n’est pas la seule à laquelle nous devrons faire face dans les années à venir, car celle du climat ou de l’énergie sont elles aussi, d’ores et déjà, des défis majeurs à relever. Celle du climat ne peut évidemment être appréhendée qu’à l’échelle internationale, les problèmes de pollution et de catastrophes naturelles ne connaissent pas les frontières tracées par les États.
En ce qui concerne l’énergie, et en premier lieu le pétrole, même si le prix du baril est actuellement bas, une baisse de la demande des pays industrialisés et des
pays émergeants paraît aujourd’hui peu probable, surtout si nous voulons relancer l’économie par des politiques de grands travaux. C’est pourquoi il nous faut penser dès à présent à une envolée
prévisible du prix du baril ! Les conséquences géopolitiques seront importantes dans cette course aux énergies. Elles ne pourront être corrigées que dans la concertation, les réserves
n’étant pas extensibles au regard de la croissance exponentielle des besoins des économies.
La gouvernance n’est pas seulement applicable au niveau international mais aussi local.
En effet, la recherche du consensus par la prise en compte du plus grand nombre de partenaires dans la décision politique, prend tout son sens à l’échelle locale, dans les communes, et à
l’échelle régional, dans les départements. C’est là une chance pour voir apparaître une implication directe et pérenne des citoyens dans la vie de la cité et /ou de la région. Les
populations se sentiront de fait partie prenante de l’ensemble des processus qui débouchent sur les prises de décisions politiques ce qui peut, en période de crise, désamorcer bien des conflits
sociaux.
Nous pouvons également associer à cette pratique locale de la gouvernance, le monde de l’entreprise. En effet, des décisions concertées et expliquées à l’ensemble d’un atelier, d’une division ou d’une usine réduiraient les possibilités de conflits. Ce rapprochement des étages hiérarchiques permettrait une meilleure mobilisation de l’ensemble des employés dans un mouvement où chacun se sentirait, par le consensus, utile et essentiel pour la bonne marche de l’ensemble.
Cette gouvernance locale est un maillon important de la société civile européenne qui se rattache dans un premier temps à la gouvernance nationale au niveau de l’État et, dans un second temps, à celle européenne au niveau de Bruxelles. La participation du plus grand nombre de citoyens aux décisions publiques est assurée par le rapprochement qui s’opère de fait lorsque la décision est prise au plus près du citoyen et aussi lorsqu’elle est expliquée dans un objectif national et européen. C’est sans doute là, par l’implication participative, le moyen de mettre en place une citoyenneté européenne intégrant aussi bien le niveau local que national d’appartenance.
La mise en place des moyens techniques de réalisation de cette gouvernance fédérative apparaît aujourd’hui
comme aisée à réaliser avec les moyens de communications modernes dont nous disposons, en particulier grâce aux ressources offertes par l’Internet qui a largement démontré ses capacités de
mobilisation des nations lors des dernières élections américaines. Nombre de citoyens européens connaissent et utilisent les réseaux sociaux du net, la transition vers une gouvernance intégrant
cette logique serait simple à mettre en œuvre pour beaucoup de citoyens. Nos politiques utilisent déjà des sites comme facebook ou viadeo et leurs électeurs ont commencé à intégrer les
possibilités de concertation et de proposition de ces nouvelles plateformes publiques qui mettent le politique à portée de l’administré.

C’est là pour l’Union Européenne un chantier extraordinaire pour une modernisation de la démocratie laquelle pourrait représenter, une fois
le travail achevé, le véritable apport de l’Europe au débat démocratique mondial, une des composantes de ce « European way of life ! » qu’il nous faut encore trouver. Nous sommes
dans l’année des élections européennes et nous disposons, par le biais de la gouvernance, d’un sujet propice aux beaux et nobles débats politiques qui intéresseront sans doute les électeurs par
les perspectives qu’ils ouvrent et par la dynamique nouvelle qu’ils pourraient enclencher dans l’Union Européenne.
Olivier VEDRINE
Commentaires