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Article économique

L'affaire du mois

La hausse des taux immobiliers depuis deux ans, les prêts de plus en plus difficiles à obtenir en France pour prévenir le risque de solvabilité, un niveau de prix immobilier toujours au plus haut, la crise des taux variables sur fond de surendettement aux US entraînant l'affaire des 'subprimes', le potentiel limité des loyers toujours plus chers rendant le rendement locatif moins attractif pour les institutionnels capable d'innonder le marché d'immeubles à la découpe en deux mois, les salaires qui ne suivent plus l'inflation depuis bien des années, une inévitable réduction de la croissance sur un rythme de 1.7% cette année et la récente correction de 17% des portefeuilles actions diminuant de fait les bas de laine rendront l'immobilier attractif en fin d'année 2008 après un probable coup de torchon d'environ 20%.

Pour mémoire, travaillant dans les année 1990 chez Jean-Thouard habitation, l'immobilier avait corrigé de 40% en six mois. Soyez prêt...... à réinvestir.

Le bon proverbe est  :

Vendre sa maison pour racheter la rue.

La FED vient de sortir du placard son 'Discount rate' en annonçant une baisse de 50 points de base en début d'après-midi. Ce taux de prise en pension d'escompte utilisé surtout entre les banques vient de passer de 6.25% à 5.75%.

Nos nouveaux scénarii d'hier de repli sur le Bund, de rebond sur l'EUR/USD ainsi que d'un retournement haussier sur  tous les marchés d'actions trouveront un écho favorable dans cette décision surprise de la Federale reserve. Il convient de surveiller si le marché assimile cette action comme une bonne nouvelle et de conserver un oeil sur l"inflation.

Baisse des marchés :
de la tempête au cyclone ?
ACDE - 16 août 2007 - Marc Touati
 

Le 9 juillet dernier, nous écrivions un papier intitulé « Marchés boursiers : l’été sera chaud ! », annonçant une forte volatilité et une baisse salutaire des cours boursiers au cours de cet été. A l’époque, le Cac 40 était à plus de 6100 points, le Dow Jones ne cessait de battre des records historiques et tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, si bien que la BCE annonçait que la croissance était tellement robuste qu’il fallait encore monter les taux directeurs.

 Quelques semaines plus tard, force est de constater que la correction boursière a non seulement bien eu lieu mais, en plus, qu’elle semble désormais sur le point de se transformer en crise financière avec forte baisse de la croissance à la clé.

 On ne le dira jamais assez : les fameux animals spirits décrits par Keynes dans les année 30 continuent de dicter leur loi sur les marchés. C’est de leur fait qu’en quelques semaines, les investisseurs passent de l’euphorie à la panique, puis de nouveau à l’optimisme… Autrement dit, au contraire de ce que déclarent certains, il n’y a rien de nouveau sous le soleil des marchés financiers : la spéculation fait partie intégrante de ces derniers et les phases de bulle sont suivies par des phases de dégonflement… Seul le catalyseur change : lors du krach de 1987, il s’agissait notamment  du fort déficit extérieur américain, en 2000 des profits warnings sur les sociétés Internet, en 2001 des attentats du 11 septembre et de l’affaire Enron… aujourd’hui, il s’agit des crédits hypothécaires à haut risque dits « subprime » pratiqués aux Etats-Unis.

 Dans ce cadre, compte tenu de la flambée des bourses mondiales de la fin 2006 à juillet 2007, la tempête boursière que nous vivons depuis quelques semaines nous paraît tout à fait logique voire salutaire, dans la mesure où elle permet une certaine reconnexion entre les variables financières et la réalité économique.

 Pour autant, cette correction doit rester limitée et ne doit pas se transformer en crise économico-financière. C’est là que les banquiers centraux doivent jouer leur rôle. Pour le moment, ils se sont contentés d’injecter des liquidités pour calmer le jeu et contrecarrer tout risque de dérapage. Néanmoins, la poursuite de la baisse des marchés montre que cette politique insuffisante, voire contre-productive puisqu’elle a introduit un certain climat de suspicion sur la bonne santé des banques américaines et européennes.

 Pour éteindre l’incendie et éviter que la tempête boursière se transforme en cyclone économico-financier, les banques centrales doivent aller plus loin et baisser leurs taux directeurs. C’est là le seul moyen d’éviter l’aggravation de la baisse des cours boursiers et immobiliers, mais aussi de relancer la croissance économique. Car, ne rêvons pas : si ceux-ci continuent de refluer, les banques seront fragilisées, le crédit sera alors rationné, la consommation commencera à souffrir, entraînant une baisse de la croissance et de l’emploi, d’où une nouvelle vague de fragilisation économique, bancaire et financière et le cercle pernicieux continuera.

 Que va-t-il donc se passer dans les prochaines semaines et comment se terminera le feuilleton financier de l’été ? Notre scénario est le suivant : ne pouvant prendre le risque d’une crise financière internationale, la Réserve fédérale américaine va baisser ses taux directeurs lors de son comité du 18 septembre. Les marchés s’en trouveront alors réconfortés et reprendront le chemin de la hausse, anticipant le rebond de la croissance américaine vers les 3 % pour 2008, rendu possible par la phase d’assouplissement monétaire de la Fed (qui amènera le taux objectif des federal funds à 4,5 % au printemps 2008).

 Malheureusement, si nous sommes confiants quant au pragmatisme de la Fed , nous le sommes tout autant quant à l’irrationalité de la BCE. Ainsi , cette dernière devrait refuser de baisser le taux refi, peut-être même l’augmentera-t-elle une fois encore début septembre. Déjà entamé depuis quelques mois, le ralentissement eurolandais s’intensifiera alors. Et ce, en particulier en France où la croissance repose principalement sur la résistance de la consommation et la bulle immobilière, toutes deux entretenues par la forte augmentation de l’endettement. A présent que les banques et les organismes de crédits vont devoir être plus prudents et que les cours immobiliers vont commencer à refluer, il va falloir payer la facture. Tant cette année qu’en 2008, la croissance française risque donc de culminer à 1,8 %.

 Monsieur Sarkozy a beau demander à Madame Merkel de « faire quelque chose », c’est déjà trop tard. Non seulement parce que les gouvernements ne peuvent pas grand-chose à la spéculation sans laquelle les marchés financiers n’existeraient d’ailleurs pas. Mettre un gendarme derrière chaque opérateur financier n’aurait donc aucun sens. Mais surtout, les marchés financiers ne sont absolument pour rien dans la faiblesse de la croissance française, qui est simplement due aux structures de notre économie que l’on refuse de réformer dans le bon sens depuis 25 ans…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marc TOUATI     www.acde.biz

Pour ceux qui ne l'ont pas vu,

la FED a injecté des nouvelles liquidités, environ cinq milliards de dollars, en début d'après-midi à un taux inférieur de 25 points de base sur le niveau de 5% contre 5.25 % classique, sans le dire officiellement cela s'apparente à une baisse des taux rampante.

Rumeurs de pertes abyssales  en provenance des fronts office concernant de l'exposition de la Société Générale liée aux crédits immobiliers US.

(source Reuters)

La banque Centrale Européenne

ouvre les vannes

pour éviter un crack monétaire

en réponse à une demande de liquidités sans précédant des banques prises dans l'étau des 'subprimes' US, les défaut de crédit lié à l'immobilier aux Etats-Unis.

La BCE vient de prêter 94.8 milliards d'euros pour apaiser le marché monétaire. Le taux interbancaire est monté subitement sur Londres à 5.86% contre 5.35% précédemment et l'euro contre dollar vient de perdre presque deux figures en une séance. La BCE répond ainsi à l'augmentation la plus  fulgurante de demande de cash depuis juin 2004. Plusieurs banques sont prises à défaut à l'image de la BNP Paribas, incapable comme ODDO et AXA de côter des fonds engagés sur l'immobilier aux US.

Le montant alloué par la BCE excède les 69.3 milliards alloués au lendemain du 11 septembre 2001 lors de l'attaque terrorriste sur New-York. Les marchés actions viennent de perdre de fait l'avance effectuée depuis le début de la semaine. L'absence d'opérateurs en période estivale a certainement favorisé  la volatilité actuelle des marchés qui devrait toutefois se reprendre.

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