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Plus de 2 millions de pages lues et 820 000 visiteurs uniques pour ce blog dont l’auteur, Louis-Serge Real del Sarte, vous propose une curation quotidienne liée à l’actualité, aux stratégies digitales d’entreprises et problématiques d’utilisations de ces nouveaux canaux de communication. Pionnier et auteur du premier ouvrage référençant les 1000 réseaux sociaux mondiaux, il est Leader européen des réseaux professionnels et consultant international pour les entreprises.


Albert Einstein l'avait prédit : plus que quatre années à vivre

Publié le 30 Août 2007, 14:21pm

Catégories : #CULTUREL

Les abeilles nous abandonnent



Source : l'imminent Jean Etienne chez Futura-Sciences
Des millions de ruches, jadis occupées par des milliards d'abeilles, se
sont mises à disparaître depuis quelques mois. L'épidémie, d'une rapidité
et d'une ampleur quasi-explosive, pourrait très bien ébranler les bases de
notre civilisation.
Le phénomène a débuté dans un seul élevage de Floride il y a à peine un
an. Puis l'épidémie s'est répandue de ruche en ruche, jusqu'à s'étendre à
l'ensemble des Etats américains et du Canada, avant d'atteindre l'Europe
et même Taïwan en avril 2007.
L'aspect de cette catastrophe écologique est déroutant. Aucun cadavre
d'abeille n'est retrouvé, et les ruches abandonnées sont vides
d'occupants. On n'y découvre même pas les parasites d'habitude si prompts
à les réoccuper ensuite. Tout se passe comme si les insectes quittaient
leur habitat en masse pour une destination inconnue sans jamais y revenir.
En France, où les apiculteurs se remettent à peine des ravages causés par
le tristement célèbre "Gaucho", un pesticide jadis répandu dans les champs
de maïs et  de tournesol, les disparitions ont repris en force. Les pertes
sont estimées de 15 à 95 % selon les régions, tandis qu'en Espagne, dont
les 2,3 millions de ruches représentent le quart de la production
européenne, la moitié est touchée.
La sirène d'alarme
Ce n'est pas une sonnette d'alarme mais une sirène que les scientifiques
actionnent… ou tentent d'actionner. Car 80 % des plantes ont absolument
besoin des abeilles pour être fécondées, et sans elles, il n'y a plus de
production de fruits ou de légumes possible. Rien qu'aux Etats-Unis, où le
nombre de ruches en "vie" s'est effondré de 2,4 millions à 900 000, 90
plantes destinées à l'alimentation humaine sont exclusivement pollinisées
par les butineuses, ce qui représente une valeur annuelle de 14 milliards
de dollars.
Les scientifiques, qui ont donné le nom de "colony collapse disorder" à ce
syndrome d'effondrement, tentent de trouver une explication. Suivant le
professeur Joe Cummins de l'université d'Ontario, "Des indices suggèrent
que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et
certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux
et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles". Selon lui, les
insectes sont aussi directement ou indirectement victimes de l'efficacité
sans cesse accrue des nouvelles générations de pesticides, censées
protéger la nature mais dont l'effet se révèlerait particulièrement
pernicieux. Il cite en exemple la pratique de plus en plus courante qui
consiste à enrober les semences d'insecticide de façon à éviter
l'épandage. Le produit est ainsi incorporé dans toute la plante, depuis
les racines jusqu'au pollen que les abeilles rapportent à la ruche en
l'empoisonnant, ce qui explique aussi l'absence d'insectes "squatteurs"
dans les ruches abandonnées: ils ne survivent pas.
Phénomène de cascade
L'emploi de ce type de pesticide à base d'imidaclopride, très contesté en
France et aux Etats-Unis mais pourtant autorisé par l'Union Européenne,
attaque le système immunitaire des abeilles qui deviennent vulnérables aux
parasites. La preuve semble en être établie par la découverte d'une
demi-douzaine de virus, microbes, mais aussi de champignons parasites dans
les quelques abeilles survivantes de quantité de ruches agonisantes. Ce
produit est distribué par Bayer sons plusieurs appellations : Gaucho,
Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage entre autres.
L'origine de ces champignons parasites n'est pas un mystère, puisqu'ils
sont eux-mêmes incorporés dans certains pesticides chimiques pour
combattre les criquets, la pyrale du maïs et certaines teignes.
Il s'agit là d'un véritable effet de cascade, des agents infectieux
destinés à combattre certains parasites profitant de la brèche ouverte
dans le système immunitaire des abeilles et ainsi changer de cible, avec
pour conséquence la destruction des cultures que ce produit était censé
protéger.
Mais selon Joe Cummins, cet effet de cascade jouerait aussi entre ces
champignons parasites volontairement répandus et les biopesticides
"naturellement" produits par les plantes OGM. Il vient en effet de
démontrer expérimentalement que les larves de pyrale du maïs infectées par
le champignon Nosema pyrausta sont 45 fois plus sensibles aux infections
que les larves saines, une constatation qui est à mettre en parallèle avec
l'effondrement du système immunitaire des abeilles. "Les autorités
chargées de la réglementation ont traité le déclin des abeilles avec une
approche étroite et bornée, en ignorant l'évidence selon laquelle les
pesticides agissent en synergie avec d'autres éléments dévastateurs",
ajoute-t-il en guise de conclusion.
L'importance des abeilles dans l'écosystème est telle qu'il y a un
demi-siècle déjà, Albert Einstein avait estimé que si cet insecte venait à
disparaître du globe, l'espèce humaine disparaîtrait au bout de quatre
années. La sirène d'alarme pourrait se transformer en tocsin
.

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