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L'addiction
La séquence
aurait mérité de figurer dans l'adaptation cinématographique du best-seller de Beigbeder, « 99 F » : à 3 heures du matin, dans une rue du très chic VIIIe arrondissement de Paris, deux
hommes se penchent bizarrement pour renifler le capot d'une voiture. Leur attitude intrigue une patrouille de police qui passe par là. Le duo prend la fuite à l'approche des fonctionnaires qui
constatent que les deux individus étaient en train de sniffer de la cocaïne sur l'avant du véhicule...
Une courte course-poursuite s'engage.
En quelques secondes, les fuyards sont rattrapés et interpellés. Mais, aussi surréaliste que la scène puisse paraître, elle n'est pas tirée d'un film. Et le personnage central et bien réel n'est
autre que Fréderic Beigbeder lui-même.
L'auteur à succès a fini la nuit de mardi dans les locaux du service d'investigation de la police urbaine de sécurité du VIIIe arrondissement. Les enquêteurs ont découvert deux sachets de cocaïne
sur l'écrivain qui a été déféré mercredi devant un magistrat du parquet de Paris. Considéré par la justice comme un simple consommateur, Beigbeder ne fera pas l'objet de poursuites devant un
tribunal, mais s'est vu prescrire une « injonction thérapeutique ».
En clair, il devra suivre un traitement pour se défaire de son addiction.
Cette triste péripétie vécue par l'ex-chroniqueur de Canal + rappelle les mésaventures d'Octave, le héros de son roman « 99 F », porté à l'écran par le réalisateur Jan Kounen et interprété par
Jean Dujardin. L'histoire, inspirée de la propre expérience de Frédéric Beigbeder dans le monde de la publicité, relatait la vie tumultueuse d'un jeune créateur d'une grosse agence, couvert
d'argent, de filles et de cocaïne.
Une image de dandy déjanté
Aussi connu pour son goût de la fête que pour ses talents littéraires, Beigbeder assurait récemment qu'il était loin de l'image du dandy déjanté que le Tout-Paris lui prête depuis des années. A
l'occasion de sa séparation d'avec la comédienne Laura Smet, la fille de Johnny Hallyday, il soutenait même dans un entretien paru dans « VSD » que sa volonté d'avoir une vie plus calme était à
l'origine de leur rupture : « Elle voulait qu'on sorte s'éclater toutes les nuits au Baron (NDLR : un établissement branché parisien). J'en avais marre, j'ai mis le pied sur le frein.
Pour sauver notre couple, je lui ai proposé qu'on se reconstruise à la maison, qu'on passe des soirées normales à regarder des DVD. Je l'ai larguée après lui avoir posé un ultimatum qu'elle n'a
pas respecté. On a du mal à croire cela venant de moi (...). Mais je comprends la réaction de la majorité des gens : je suis le vieux play-boy cynique qui a fourvoyé une gamine de 23 ans. Tant
pis, (...) ma réputation est déjà faite. » Une réputation qui ne risque pas de s'effacer après l'épisode judiciaire de cette semaine.
Source Libération / Le parisien
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