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Plus de 2 millions de pages lues et 820 000 visiteurs uniques pour ce blog dont l’auteur, Louis-Serge Real del Sarte, vous propose une curation quotidienne liée à l’actualité, aux stratégies digitales d’entreprises et problématiques d’utilisations de ces nouveaux canaux de communication. Pionnier et auteur du premier ouvrage référençant les 1000 réseaux sociaux mondiaux, il est Leader européen des réseaux professionnels et consultant international pour les entreprises.


BAC : question de loterie

Publié le 12 Mars 2008, 17:21pm

Catégories : #CULTUREL

Le Bac à cancréat : 
juste une question de hasard


Source : Libération.fr 
Ce jour-là, le correcteur 57 est peut-être fatigué, mal luné ou excédé de corriger des devoirs médiocres. Toujours est-il qu’il met un 3 à la copie du bac en sciences économiques et sociales (SES) qu’il relit, avec un commentaire sans appel : «Un propos absolument non étayé ni par les connaissances ni par l’exploitation des documents. La sensation que le candidat fait du remplissage.» Le correcteur 61 lit la même copie et met… un 13 : «Le sujet est assez bien cerné. Des notions clés sont utilisées, les arguments sont développés.» Les SES ayant un coefficient 7 au bac, la différence de notations atteint 70 points. Avec le risque sérieux pour le candidat de rater son bac s’il tombe sur le correcteur 57.

Injustices. Intitulée «La loterie des notes au bac, un réexamen de l’arbitraire de la notation des élèves», l’étude du chercheur Bruno Suchaut, diffusée par l’agence spécialisée en éducation AEF (1), va donner du grain à moudre aux partisans, de plus en plus nombreux, de la suppression du bac. Le chercheur lui-même conclut que «deux cents ans après sa création, la question se pose». Au-delà des injustices criantes de la notation, écrit-il, «il est évident qu’au fil des décennies, le bac a perdu de son intérêt en terme de sélectivité» et «sa dévalorisation est évidente». C’est l’un des arguments clés des adversaires du bac : avec 83,3 % de réussite en juin dernier, il serait devenu un examen largement symbolique et vide de sens.

Bruno Suchaut, chercheur à l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu), a mené une expérience édifiante. Il a soumis trois copies de candidats au bac à une trentaine de professeurs de SES. Pour un même devoir, l’écart peut atteindre onze points. L’enseignant lui-même note avec plus ou moins de sévérité. Le correcteur 15 a ainsi attribué un 9 - l’une des notes plus faibles - à la copie numéro 3 alors qu’il a mis un 14 à la copie numéro 2 - cette fois l’une des plus élevées. Pour expliquer cette irrégularité, Suchaut reprend des études déjà menées sur la notation, montrant qu’elle peut varier avec la fatigue ou la distraction, avec l’ordre des copies, avec le contexte de correction en général…

Il est pratiquement impossible d’arriver à une notation juste. Il faudrait pour cela multiplier les correcteurs, une solution bien trop coûteuse pour l’Education nationale qui trouve déjà très chère l’organisation du bac. Ou alors il faudrait établir des grilles de correction avec un barème extrêmement précis, y compris pour les sous-questions. Mais il resterait encore des aléas. L’idéal serait de proposer des questionnaires à choix multiples où les marges d’interprétation sont nulles. Mais cela ne marcherait pas pour les matières littéraires.

Elitistes. Bruno Suchaut ne propose pas d’alternative au bac. «Le contrôle continu n’est pas la panacée», avertit-il, car il dépend beaucoup du niveau des établissements, les plus élitistes notant sec, les plus défavorisés plus large. En réalité, son étude vise surtout la notation, que certains pays ont supprimée tout en maintenant de bons niveaux scolaires mais qui reste un tabou en France. Le rapport du groupe du travail du Sénat, qui planche sur le thème «A quoi sert le bac ?», sera en tout cas très attendu.

(1) L’étude est disponible sur : http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/publications/les_collections_de_l_iredu/dt/dt_iredu_2008_3.pdf

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