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Un nouveau concept a vu le jour récemment : l’entreprenariat « social » (ou « social business »). Développé par Muhammad YUNUS, créateur de la Grameen Bank, spécialisée dans le micro-crédit (prêts de petit montant accordés à des personnes
défavorisées, pour créer leur entreprise), ce concept vise toutes les activités dont la finalité n’est pas uniquement financière (constituer une entreprise économiquement viable), mais également
sociale (améliorer le sort de populations en difficultés). Il s’applique donc aussi bien aux pays en voie de développement (la Grameen Bank a vu le jour au Bangladesh) qu’aux pays industrialisés
(certains aspects du « plan Banlieues » en France).
D’un point de vue macroéconomique, c’est une forme de capitalisme qui se rapproche du mutualisme (par l’aspect social) et des préoccupations de développement durable, dont font preuve de plus en plus les entreprises de type classique. Elle rejoint le concept de RSE (responsabilité sociale des entreprises) mis en avant par les sociétés pour améliorer leur image et également la notion d’ISR (investissement socialement responsable), développée par de nombreux fonds (SICAV ou FCP).
Que faut-il retenir de ce phénomène nouveau ?
D’abord que l’entreprise est amenée à jouer un rôle croissant, en tant que moteur du développement économique et social d’un pays, ce qui lui donne des responsabilités supplémentaires : la dimension « éthique » devient importante et se traduit dans « l’image » globale de la firme. De ce fait, elle devra être attentive à sa « réputation » et au risque éventuel (« risque de réputation », de voir son image se détériorer, avec des conséquences probables sur la valorisation. En fait, « l’image » d’une entreprise est un élément substantiel de son capital immatériel et donc une composante à part entière de la valeur de celle-ci.
Pour terminer, le capitalisme moderne a bien intégré le souci majeur de notre époque, résumé par l’acronyme anglais « des 3 P » : « Profit, People, Planet ».
Bernard MAROIS
Président du Club Finance HEC
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