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Plus de 2 millions de pages lues et 820 000 visiteurs uniques pour ce blog dont l’auteur, Louis-Serge Real del Sarte, vous propose une curation quotidienne liée à l’actualité, aux stratégies digitales d’entreprises et problématiques d’utilisations de ces nouveaux canaux de communication. Pionnier et auteur du premier ouvrage référençant les 1000 réseaux sociaux mondiaux, il est Leader européen des réseaux professionnels et consultant international pour les entreprises.


BANQUES & GESTION DES RISQUES DE MARCHE

Publié le 11 Juillet 2008, 12:34pm

Catégories : #Le mot du Président du Club HEC Finance

EDITORIAL : LES BANQUES ET LA GESTION DES RISQUES DE MARCHE

 

 

Nous avons maintenant un peu de recul dans « l’affaire Kerviel », pour pouvoir en tirer quelques leçons pour l’avenir.

Notons d’abord que la fraude a concerné des produits financiers très classiques (dérivés sur indices d’actions) et non sophistiqués, ce qui démontre que le reproche de la complexité n’est pas un argument recevable. On peut certes l’invoquer lorsqu’il s’agit de produits de titrisation de deuxième génération, tels les fonds de CDO, adossés aux crédits « subprimes », bien que là encore, c’est plutôt le manque de transparence et la multiplicité des acteurs qui expliquent les dérives que ces produits ont connu. Par contre la stratégie suivie par Kerviel est d’une grande simplicité. Contrairement à sa capacité diabolique à déjouer les contrôles.

Et c’est là où nous touchons au cœur du débat. La Société Générale avait élaboré des procédures de contrôle relativement exhaustives, qui ont été appliquées, mais dont les conclusions n’ont pas été entendues. Autrement dit, ce sont les comportements qui sont en cause et non pas les procédures.

Depuis quelques années, les recherches académiques s’intéressent beaucoup à la « finance comportementale » (« behavioral finance »), étudiant les phénomènes moutonniers observables  lors de la formation de bulles boursières (par exemple, la bulle internet » de 2000) ou à l’occasion d’un mouvement spéculatif (crise asiatique de 1998). De même, on peut analyser l’affaire Kerviel à l’aune de la finance  comportementale ; les supérieurs de Kerviel ont pris l’habitude de fermer les yeux, lorsque celui-ci gagnait de l’argent pour la banque. En outre, les bonus de traders sont dépendants des résultats réalisés par ceux-ci ; c’est évidemment une incitation à la prise de risque excessive, d’autant plus que l’issue du  « jeu » est fortement asymétrique : le trader peut gagner beaucoup s’il anticipe juste, mais il risque peu (absence de sanctions significatives), s’il perd ou plutôt si ses pertes sont identifiées. A partir de ces remarques, l’affaire Kerviel peut s’interpréter comme l’aboutissement d’un système pervers de récompenses indexées sur le lucre, plutôt que comme un dérapage des systèmes de contrôle. C’est certainement une conclusion à méditer.

 

 

                                                           Bernard MAROIS
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