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Plus de 2 millions de pages lues et 820 000 visiteurs uniques pour ce blog dont l’auteur, Louis-Serge Real del Sarte, vous propose une curation quotidienne liée à l’actualité, aux stratégies digitales d’entreprises et problématiques d’utilisations de ces nouveaux canaux de communication. Pionnier et auteur du premier ouvrage référençant les 1000 réseaux sociaux mondiaux, il est Leader européen des réseaux professionnels et consultant international pour les entreprises.


Le Spectre de 1929 : différences fondamentales avec 2008

Publié le 23 Octobre 2008, 10:23am

Catégories : #Le mot du Président du Club HEC Finance


 

EDITORIAL : LE SPECTRE DE 1929

 

Comme suite à mon éditorial de la semaine dernière, il m’apparait utile de citer quelques chiffres, qui permettent de comparer la crise de 1929 et la situation actuelle.

En 3 ans (1929-1932), les cours de la bourse de New-York baissèrent de 90%, alors qu’aujourd’hui la baisse est pour l’instant inférieure à 45%. En janvier 1932, on constata que plus de 1800 banques américaines avaient été acculées à la faillite, tandis qu’actuellement seule une vingtaine de banques (dont Lehmann Brothers, bien sûr) ont été touchées. Enfin, la production globale des 7 économies les plus importantes de l’époque chûta de 20% entre 1929 et 1932 (dont l’Allemagne, qui connut une baisse de 35%). Dans le même temps le commerce international s’effondra (moins 60%).

En fait, il y a 3 différences, fondamentales, entre 1929 et 2008. La première, c’est l’inaction totale des Pouvoirs Publics, pour sauver le système bancaire américain, en 1929, face à une intervention rapide en 2008. A la suite de cette erreur, le crédit disparut complètement entre 1929 et 1933, favorisant l’écoulement de l’économie réelle.

Deuxième différence : le gouvernement américain réagit à la crise de 1929, en augmentant les impôts et en sabrant les programmes d’aide sociale, accentuant encore les effets de la dépression. Aujourd’hui, les gouvernements et les banques centrales tentent de redonner de la liquidité au marché bancaire, en baissant les taux d’intérêt  et en mobilisant des sommes colossales (700 milliards de dollars aux Etats-Unis), pour servir de garantie de dernier ressort aux banques fragilisées.




Enfin, le gouvernement Hoover décida en 1930 d’augmenter les droits de douane sur 20 000 produits importés, suivi par des mesures protectionnistes prises dans les autre pays développés, avec comme résultat un effondrement des échanges internationaux.

Nous avons donc des raisons d’espérer échapper à la Dépression style 1929. Pour cela, la priorité est de stabiliser le système financier international, quitte à nationaliser provisoirement les banques en difficulté : la Suède le fit en son temps et les banques suédoises furent reprivatisées (quand la conjoncture se rétablit), à des prix intéressants, ce qui évita aux contribuables suédois d’être ruinés. Ensuite, la récession s’atténuera, grâce aux pays émergents et le cycle économique (qui existe toujours, malgré les affirmations de certains économistes, car il caractérise l’économie de marché) repartira à la hausse….au début de 2010.

 

 

                                                                                                Bernard MAROIS

                                                                           Président du Club Finance HEC

 

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