David Thébault
«G20, les fondations
d’une gouvernance financière mondiale»
(Easybourse.com)
Ce sommet du G20 est un succès sur le plan financier car il apporte des solutions à long terme pour tenter de réguler le capitalisme mondial. La position
européenne en ce point a été tout à fait salvatrice pour contrebalancer un capitalisme auto-régulé et court termiste qui aujourd’hui a démontré son inefficience.
C’est aussi un succès sur le plan politique car les pays produisant près de 90% des richesses mondiales présentent une position commune avec une réelle
prise de conscience des enjeux mis en exergue par cette crise historique. Les écueils du passé, principalement les mesures protectionnistes qui avaient eu un effet destructeur de richesse
au niveau mondial, ont été évités.
Ce sommet ne pourra à lui seul résoudre cette crise économique profonde qui a laissé le secteur bancaire sous-capitalisé d’environ 500 milliards de dollars,
selon le FMI.
Concrètement cette réunion du G20 n’apporte pas de nouvelles solutions en termes de solvabilité des institutions financières, de relance économique,
d’homogénéisation des fiscalités et des normes comptables. Les questions tabous ont été soigneusement évitées, telle que la fin possible de l’hégémonie du dollar et la création d’une
monnaie mondiale basée sur un panier de devises qui faciliterait une sortie de crise.
La plus belle avancée à long terme est l’accord sur une régulation coordonnée du secteur financier fondé sur des valeurs prudentielles et une transparence
accrue. Mais quel en sera l’impact dans l’économie réelle ? Est-ce «la fin» annoncée des paradis fiscaux ou la régulation des fonds spéculatifs et du revenu des banquiers qui auront un
impact positif sur une relance de la consommation ?
L’évènement historique de ce sommet du G20 est l’augmentation des crédits accordés au FMI et sa possibilité de vendre une partie de son stock d’or pour
aider les Etats en difficulté.
Aujourd’hui encore, la dernière phase attendue de la crise financière est la matérialisation du risque systémique de défaut souverain. Le risque de
défaillance qui a plané sur les pays de l’Est aurait pu, sans l’intervention du FMI, déstabiliser toute l’Europe. L’élément majeur de ce sommet a été de donner une capacité financière au
FMI pour soutenir des Etats qui sont au bord du gouffre.
Le risque majeur reste le recours à une dévaluation compétitive de la monnaie nationale, ce qui laisse présager une forte augmentation de la volatilité des
taux de change pour cette année 2009.
Ce sommet devrait restaurer la confiance mais aura comme corollaire à long terme le risque d’une sortie de crise par l’inflation ou tout du moins par une
future hausse de l’imposition mondiale.
En France l’impact social de la crise devrait être amortie par le mécanisme des 35 heures, du chômage et d’une forte épargne qui conduira à de nouvelles
mesures d’incitation fiscale moins déstabilisantes pour les finances publiques.
Responsable de la recherche quantitative
chez Global Equities
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