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Les LBO, ex-stars des 80’s sur le devant de la scène
(Easybourse.com) Affublé d’un anglicisme que les non initiés jugeront inintelligible, du moins aux primes abords, le private equity, qui englobe le capital-risque, le capital développement et les opérations via effet de levier ou leverage buy out (LBO), fait beaucoup parler de lui depuis près de dix-huit mois. Même les rock stars s'y intéressent. A l’instar de Bono, le leader de U2, qui a lancé en août Elevation Partners, un fonds qui a racheté le Forbes Magazine, avec Fred Anderson, l'ancien directeur financier de Apple, et Bret Pearlman, le PDG de Blackstone, l'un des fonds vedette.
![]() Le niveau du private equity est « historiquement élevé », remarque Paul Kedrosky, venture capitaliste chez Venture West, un fonds canadien de capital-risque. En témoigne que cette année, le private equity compte pour 17% des grandes opérations de fusions-acquisitions.
Une opération de private equity sur quatre est un LBO Alors effectivement, « le private equity ne se résume pas aux seules opérations de LBO », admet Philippe Matzkowski, l’un des cofondateurs du collectif anti-LBO, mais « aujourd’hui la part des fonds LBO augmente considérablement par rapport à ceux qui financent les gazelles », précise-t-il. En valeur, selon une étude récente réalisée par l’Afic et le groupe d’audit PricewaterhouseCoopers, intitulée « L’activité du capital investissement en France au premier semestre 2006 », 80% des opérations de private equity sur cette période ont été réalisées en LBO, contre 78% un an auparavant, alors que dans le même temps l’activité du capital-risque se réduisait de manière symbolique, passant de 5,4% à 5,1%. Toujours selon cette étude, suivant un raisonnement en volume cette fois, les LBO comptent, au premier semestre 2006, pour 23,4% des opérations de private equity, contre 29,1% en 2005. Le capital-risque, pour sa part, représente 30,2% du capital investissement, soit 1,6 point de plus qu’il y a un an. « Le private equity a longtemps eu pour vocation unique de s’intéresser aux PME », défendait début octobre Dominique Nouvellet, le PDG de Sigefi Private Equity et anicen vice-président cofondateur de l’Afic dans les colonnes « Analyses » des Echos. Et d’observer : « ce n’est que récemment qu’il est intervenu dans des opérations de plus en plus grandes qui, auparavant, se réalisaient en bourse ». En fait, « le private equity n’a pas uniquement pour objet de s’intéresser aux grosses opérations et ne se réduit pas à des LBO majoritaires et très médiatisées en raison de leur envergure », concluait-il dans le quotidien économique. Une conjoncture favorable L’environnement de taux et la hausse des marchés favorisent l’investissement et dopent les performances du private equity, en particulier celles des opérations de LBO. Plus les taux sont bas, plus les rachats par endettement sont alléchants dans la mesure où leur retour sur investissement est élevé.
Sur les quinze dernières années, le private equity a rapporté 430 milliards de dollars (337 milliards d’euros) aux investisseurs, révèle une étude publiée début novembre par Private Equity Intelligence. Mais tous les fonds ne sont pas logés à la même enseigne tellement le partage des richesses est inégal. En témoigne que 20% des fonds ont réalisés 80% de la performance. Quelques fonds « stars » dominent le marché, à l’instar de Blackstone, Kohlberg Kravis Roberts (KKR) et Permira qui, à eux trois, auraient redistribué 130 milliards de dollars (102 milliards d’euros) à leurs investisseurs (les gestionnaires récupèrent 20% des plus-values). La surenchère entre fonds, la course au record comme certains la qualifie, « risque [néanmoins] d’entraîner une baisse des retours sur investissement au cours des prochaines années », note Paul Kedrosky. Devant ce constat, Philippe Matzkowski s’alarme : « La vision court-termiste des fonds s’amplifie et les niveaux de rentabilité exigés augmentent ». Et de constater que « la précarisation de l’emploi est un problème récurrent des entreprises sous LBO. Celle-ci se mesure par rapport à la part des postes en intérim et en CDD ». M.E. |
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| Publié le 14 Novembre 2006 | Copyright © 2006 | ![]() |
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