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Plus de 2 millions de pages lues et 820 000 visiteurs uniques pour ce blog dont l’auteur, Louis-Serge Real del Sarte, vous propose une curation quotidienne liée à l’actualité, aux stratégies digitales d’entreprises et problématiques d’utilisations de ces nouveaux canaux de communication. Pionnier et auteur du premier ouvrage référençant les 1000 réseaux sociaux mondiaux, il est Leader européen des réseaux professionnels et consultant international pour les entreprises.


BERNARD MAROIS : Président du Club Finance HEC

Publié par Real del Sarte Louis-Serge sur 11 Juin 2007, 08:16am

Catégories : #INTERVIEW

 
 

 

Interview d'easybourse 

 

 

Bernard Marois

président du Club Finance HEC

 

« Les métamorphoses des marchés boursiers internationaux »


(Easybourse.com) Depuis 50 ans, les marchés boursiers ont connu des évolutions très contrastées, que ce soit du point de vue des émetteurs de titres ou, à l’opposé, du point de vue des investisseurs acheteurs de ces titres.

 

En ce qui concerne les entreprises soucieuses d’utiliser les marchés boursiers pour se financer, les tendances suivantes ont pu être identifiées. D’abord, le recours au marché de la part des grandes sociétés internationales s’est énormément raréfié. Pour éviter une dilution du capital, ces entreprises préfèrent se développer par autofinancement ou par emprunt (moins cher, compte-tenu de la déduction fiscale des intérêts), plutôt que par des augmentations de capital. La mode des achats d’actions qui s’étend à tous les pays industrialisés contribue à accroître artificiellement le bénéfice par action des entreprises, le  taux de distribution des dividendes versés aux actionnaires et donc le rendement global des titres. Si l’on considère les sociétés présentes dans les grands indices (Dow Jones, Eurostoxx, CAC 40), on s’aperçoit qu’elles sont en fait apporteuses de capitaux (en net), ce qui est quand même paradoxal.

Les marchés boursiers comme lieux de transactions et de mesure de valeur

Si l’on enlève les grandes entreprises, qui représentent la majeure partie de la cote des principales places boursières mondiales (New York Stock Exchange, Londres Stock Exchange), le marché reste cependant pourvoyeur de fonds pour deux catégories de firmes : d’une part, les grandes entreprises des pays émergents (Russie, Chine, Inde, etc…), qui ne trouvent pas suffisamment de liquidités sur leur marché national et vont donc s’approvisionner en Occident et, d’autre part, les entreprises nouvelles qui vont sur le marché pour la première fois (en anglais « Initial Public Offering » ou IPO), de façon à accélérer leur croissance en ayant recours aux marchés boursiers.

Si la fonction « financement  de l’économie » assurée par les Bourses s’est étiolée depuis deux décennies, elle a été relayée par une autre fonction essentielle dans le capitalisme contemporain, celle de « mesure de la valeur » des entreprises. La cotation en temps réel de celles-ci permet, en effet, d’obtenir une valorisation objective, parce que transparente (phénomène de cotation) et impartiale : pas de délits d’initiés possibles ; tout au moins en principe). Cette évaluation est destinée à faciliter les opérations d’achat-vente de titres (on sait que le volume des transactions boursières a fortement augmenté depuis 10 ans) ainsi que les acquisitions (OPE ou OPA). Cette évolution des marchés boursiers s’est accompagnée d’une véritable mutation du côté des investisseurs.

Apparition de nouveaux investisseurs en Bourse

Pendant de nombreuses générations, les principaux acteurs sur les marchés boursiers ont été constitués par les grandes fortunes (dix-neuvième siècle), rejointes au vingtième siècle par les investisseurs institutionnels. Si la présence de spéculateurs a toujours animé les grandes bourses de valeurs, l’essentiel des intervenants jusqu’à récemment consistait en des fonds de pension ango-saxons ou des organismes de gestion collectives caractérisés par une détention relativement longue des titres achetés. Quant aux investisseurs individuels, leur fidélité à l’entreprise dans lesquels ils investissaient est restée légendaire. Cette configuration a été modifiée depuis une dizaine d’année par l’arrivée des fonds d’arbitrage (hedge funds), dont la vocation consiste à tirer parti de la sous-évaluation passagère des titres qu’ils achètent, avec l’idée de les revendre rapidement dès que le marché aura corrigé l’écart de valorisation. Autre acteur nouveau : les fonds de « private equity », qui, profitant d’un volant de capitaux de plus en plus considérable, se mettent à acheter des entreprises cotées, qu’ils estiment pouvoir mieux valoriser, en changeant le management en place ou par la mise en œuvre d’un LBO. On constate donc que l’éventail des investisseurs en bourse s’est fortement diversifié, aussi bien du point de vue de l’horizon temporel visé (court, moyen, long terme) que de l’objectif recherché (simple placement, intervention partielle dans la gestion de l’émetteur de titre, remise en cause totale du management, voire démembrement de la société).

Pour conclure, on soulignera que ces nouvelles tendances suivies par les marchés boursiers, tant au niveau de l’offre que de la demande de titres, nous amène à poser des questions plus philosophiques. Quelle doit être la place de l’actionnaire dans le devenir de l’entreprise, face aux autres parties prenantes (en particulier les salariés) ?  Quel rôle les Bourses seront-elles amenées à jouer dans la poursuite de la croissance économique mondiale ?

Bernard MAROIS
Professeur au Groupe HEC

Publié sur easybourse.com le 08 Juin 2007
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