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Plus de 2 millions de pages lues et 820 000 visiteurs uniques pour ce blog dont l’auteur, Louis-Serge Real del Sarte, vous propose une curation quotidienne liée à l’actualité, aux stratégies digitales d’entreprises et problématiques d’utilisations de ces nouveaux canaux de communication. Pionnier et auteur du premier ouvrage référençant les 1000 réseaux sociaux mondiaux, il est Leader européen des réseaux professionnels et consultant international pour les entreprises.


Affaire d'Espionnage : scandale dans le ciel de l'Oncle SAM

Publié par Real del Sarte Louis-Serge sur 12 Juin 2007, 15:17pm

Catégories : #CULTUREL

Espionnage :

les satellites qui n'existent pas

Par Jean Etienne, Futura-Sciences

Le Radar GRAVES

est le pendant français du réseau américain NORAD (North American Aerospace Defense Command), et exerce une fonction identique : détecter et poursuivre les satellites ou autres objets parcourant l'espace circumterrestre, et notamment ceux qui présentent un risque potentiel pour le territoire. Et après 16 mois de fonctionnement, de bien étranges découvertes apparaissent à son actif…

De 20 à 30 satellites secrets apparaissent ainsi en orbite à une altitude inférieure à 1000 km. Or, ceux-ci ne sont pas repris au catalogue publié par le département de la défense américain, ce qui autorise à porter de fortes suspicions sur leur origine… Et les services de surveillance de l'Oncle Sam seraient bien mal inspirés d'affirmer qu'ils ne les ont pas aperçus, car le NORAD, qui constitue la référence mondiale en la matière, est capable de photographier des objets de 10 cm jusqu'à une altitude de 8000 km, plus qu'il n'en faut !


Norad

Or, les militaires américains préfèrent jouer la carte de l'hypocrisie. Questionnés à ce sujet par un représentant français du radar GRAVES, ils ont répondu tout de go que "si les informations n'étaient pas publiées dans le catalogue, c'est que ces objets n'existaient pas". Pourtant, certains de ces satellites apparaissent bien, à l'analyse des données, équipés de panneaux solaires…

Mais cette situation révèle aussi un malaise qui ternit quelque peu les relations diplomatiques entre la France et les USA. Car si ces derniers refusent obstinément de reconnaître l'existence d'objets que chacun des deux protagonistes observe pourtant, ils ne manquent pas de publier avec force détails les orbites des matériels militaires d'autres nations, y compris la France, au grand dam de leurs dirigeants. Or, l'Europe, qui planche sur le cadre d'un futur programme européen de surveillance de l'espace que les pays associés à l'ESA devront approuver en 2008, souhaiterait entamer des négociations sérieuses pour mettre au point un protocole d'accord sur la publication des informations sur les orbites des satellites.

 "En ce moment nous n'avons pas assez de cartes en main pour entamer des négociations", affirme le colonel Yves Blin, chef du bureau Espace de la division Espace/SIC de l'EMA, ajoutant qu'il attend des informations complémentaires provenant d'un système radar allemand similaire à GRAVES, et qu'il pourra alors placer les Américains devant une alternative : "nous avons vu des choses que vous pourriez souhaiter garder en dehors du domaine public. Nous accepterons de le faire si vous acceptez en retour de cesser de publier l'emplacement de nos satellites sensibles".

Traces radar de satellites obtenues au moyen de GRAVES. Crédit : ONERA.
Traces radar de satellites obtenues au moyen de GRAVES. Crédit : ONERA.

Graves
Le système français de surveillance de l'espace

Plus de 9000 satellites ou objets dont la taille est supérieure à dix centimètres orbitent autour de la Terre selon le catalogue américain chargé de les répertorier. Parmi ceux-ci, nombreux sont ceux qui survolent la France quotidiennement, constituant ainsi une menace potentielle pour le territoire. Or seuls Américains et Russes disposaient jusqu’à présent d'un système de veille spatiale opérationnel. Dans ce contexte, l'Onera a proposé dès le début des années 1990 de concevoir un système indépendant baptisé Graves permettant de surveiller les satellites en orbite « basse » (d’altitude inférieure à 1000 km).

Développé sous contrat de la Délégation Générale pour l'Armement, le système Graves est constitué d’un radar spécifique associé à un système de traitement automatisé qui permet la création et le maintien à jour d’une base de données des paramètres orbitaux des satellites qu’il détecte.

Fruit de la collaboration des spécialistes des départements Electromagnétisme et radar (DEMR) et Prospective et synthèse (DPRS), le radar du système Graves a été spécifiquement conçu pour la surveillance de l’espace. L’objectif prioritaire fut de concevoir un système peu coûteux tant en terme de développement que de maintenance. Cette approche a conduit à un concept original de radar bistatique à balayage électronique et émission continue en bande VHF. Le système de réception est basé sur la détection Doppler et met en œuvre une technique innovante de formation de faisceaux par le calcul. Utilisant des sous-ensembles de technologie très classique qui lui confèrent fiabilité et maintenabilité, la performance de ce radar repose sur un traitement de signal évolué qui requiert toute la puissance d’un calculateur temps réel dédié.


Vue du site d’émission du radar Graves

En aval du radar, un effort très important a été consacré au développement des logiciels qui assurent la conversion des mesures brutes en une base de données de paramètres orbitaux. Cette tâche représentait un challenge technique très ambitieux car contrairement au système américain qui utilise de nombreux capteurs répartis autour du globe, les outils développés pour le système Graves ne traitent que des mesures issues d’un seul capteur.

Aboutissement de 15 ans de travaux, le système Graves a été livré à son utilisateur final, l’armée de l’Air, en décembre 2005. Opérationnel depuis cette date, il permet de maintenir à jour une base de données de l’ordre de 2000 satellites. Pour plusieurs dizaines de ces satellites, jugés sensibles, les Etats-Unis ne diffusent pas d’éléments orbitaux correspondants.

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