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Un euro trop cher pour une croissance trop faible ! par Marc Touati

Publié par Real del Sarte Louis-Serge sur 11 Juillet 2007, 15:33pm

Catégories : #Analyse Technique

          L'envol de l'Euro 

 

Le discours de Nicolas Sarkozy sur la BCE et les coûts de l’euro cher a eu un effet dévastateur : dans la mesure où les dirigeants de tous les autres pays eurolandais se sont inscrits en faux par rapport aux déclarations du Président français, les marchés en ont déduit qu’ils pouvaient continuer de spéculer à la hausse sur l’euro.

 Moyennant quoi, la devise européenne a atteint un nouveau sommet historique à 1,3740 dollar et se stabilise depuis autour de ce niveau préoccupant.

 Bien entendu, la hausse de l’euro est avant une baisse du dollar liée à la confirmation du ralentissement économique américain qui imposera à la Réserve fédérale de baisser ses taux directeurs d’ici l’automne prochain. Néanmoins, la nouvelle flambée de l’euro trouve aussi une partie de sa justification par l’attitude des dirigeants politiques et monétaires eurolandais. En effet, tous les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro se félicitent d’un euro fort, tous sauf un, celui de la France. Néanmoins , dans la mesure où dans le même temps, la France s’engage dans un laxisme budgétaire qui ne trompe personne officieusement, elle n’est pas crédible pour donner des leçons en matière de politiques monétaire et de change.

 De plus, alors que la Fed va baisser ses taux directeurs dans les trois mois à venir pour permettre à l’économie américaine de repartir, la BCE va continuer d’augmenter son taux refi, à 4,25 % dès septembre, voire à 4,5 % en décembre. Et ce, en dépit du ralentissement économique de l’Euroland qui a déjà commencé, et notamment en France et surtout en Allemagne. L’euro se stabilisera donc autour des 1,37 dollar jusqu’à l’automne prochain.

 Dans ce cadre, nous allons pouvoir vivre une nouvelle fois la confirmation que l’euro trop fort coûte cher à la croissance. Ce coût prend en fait trois formes. Primo, nos exportations vont devenir moins compétitives et donc ralentir voire reculer, surtout dans un contexte de ralentissement mondial, comme c’est le cas aujourd’hui. Secundo, la flambée de l’euro réduit également le prix des produits importés, ce qui est souvent perçu comme un avantage, mais nuit à la compétitivité des produits fabriqués dans la zone euro au profit des produits importés. Les seconds prendront donc des parts de marchés aux premiers. Tertio, les flux d’investissements étrangers seront freinés par le niveau excessif de l’euro, tandis que les investissements eurolandais vers l’étranger seront favorisés. L’ensemble de ces coûts enlèvera entre 0,5 et 0,8 point à la croissance dès 2007 mais aussi en 2008, car n’oublions pas que les évolutions de changes jouent sur l’activité avec environ neuf mois de décalage.

 Dans ce cadre, la croissance de la zone euro devrait débuter 2008 sur un rythme de 1,7 % et celle de la France sur un niveau de 1,4 %.

 Les marchés se rappelleront alors (comme le montre le graphique ci-dessous) que la croissance eurolandaise ne peut pas supporter un euro trop fort (c’est-à-dire durablement et fortement supérieur à 1,15 dollar) et s’engageront alors dans un mouvement baissier de l’euro. Ce dernier devrait ainsi débuter 2008 avec un niveau proche des 1,30, puis revenir vers les 1,25 à l’horizon d’un an. Malheureusement, d’ici là, le mal aura été fait et la zone euro sera de nouveau enfoncée dans la croissance molle, tandis que les Etats-Unis auront déjà commencé leur reprise depuis plusieurs trimestres.

 Peut-être alors que les dirigeants eurolandais auront compris leur erreur, mais ce n’est même pas sûr puisqu’ils continuent de faire la même erreur depuis une décennie et notamment depuis 2001.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marc Touati

Président-Directeur Général de l'ACDE

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