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Baisse des marchés : de la tempête au cyclone ?

Publié par Real del Sarte Louis-Serge sur 17 Août 2007, 07:01am

Catégories : #Article économique

Baisse des marchés :
de la tempête au cyclone ?
ACDE - 16 août 2007 - Marc Touati
 

Le 9 juillet dernier, nous écrivions un papier intitulé « Marchés boursiers : l’été sera chaud ! », annonçant une forte volatilité et une baisse salutaire des cours boursiers au cours de cet été. A l’époque, le Cac 40 était à plus de 6100 points, le Dow Jones ne cessait de battre des records historiques et tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, si bien que la BCE annonçait que la croissance était tellement robuste qu’il fallait encore monter les taux directeurs.

 Quelques semaines plus tard, force est de constater que la correction boursière a non seulement bien eu lieu mais, en plus, qu’elle semble désormais sur le point de se transformer en crise financière avec forte baisse de la croissance à la clé.

 On ne le dira jamais assez : les fameux animals spirits décrits par Keynes dans les année 30 continuent de dicter leur loi sur les marchés. C’est de leur fait qu’en quelques semaines, les investisseurs passent de l’euphorie à la panique, puis de nouveau à l’optimisme… Autrement dit, au contraire de ce que déclarent certains, il n’y a rien de nouveau sous le soleil des marchés financiers : la spéculation fait partie intégrante de ces derniers et les phases de bulle sont suivies par des phases de dégonflement… Seul le catalyseur change : lors du krach de 1987, il s’agissait notamment  du fort déficit extérieur américain, en 2000 des profits warnings sur les sociétés Internet, en 2001 des attentats du 11 septembre et de l’affaire Enron… aujourd’hui, il s’agit des crédits hypothécaires à haut risque dits « subprime » pratiqués aux Etats-Unis.

 Dans ce cadre, compte tenu de la flambée des bourses mondiales de la fin 2006 à juillet 2007, la tempête boursière que nous vivons depuis quelques semaines nous paraît tout à fait logique voire salutaire, dans la mesure où elle permet une certaine reconnexion entre les variables financières et la réalité économique.

 Pour autant, cette correction doit rester limitée et ne doit pas se transformer en crise économico-financière. C’est là que les banquiers centraux doivent jouer leur rôle. Pour le moment, ils se sont contentés d’injecter des liquidités pour calmer le jeu et contrecarrer tout risque de dérapage. Néanmoins, la poursuite de la baisse des marchés montre que cette politique insuffisante, voire contre-productive puisqu’elle a introduit un certain climat de suspicion sur la bonne santé des banques américaines et européennes.

 Pour éteindre l’incendie et éviter que la tempête boursière se transforme en cyclone économico-financier, les banques centrales doivent aller plus loin et baisser leurs taux directeurs. C’est là le seul moyen d’éviter l’aggravation de la baisse des cours boursiers et immobiliers, mais aussi de relancer la croissance économique. Car, ne rêvons pas : si ceux-ci continuent de refluer, les banques seront fragilisées, le crédit sera alors rationné, la consommation commencera à souffrir, entraînant une baisse de la croissance et de l’emploi, d’où une nouvelle vague de fragilisation économique, bancaire et financière et le cercle pernicieux continuera.

 Que va-t-il donc se passer dans les prochaines semaines et comment se terminera le feuilleton financier de l’été ? Notre scénario est le suivant : ne pouvant prendre le risque d’une crise financière internationale, la Réserve fédérale américaine va baisser ses taux directeurs lors de son comité du 18 septembre. Les marchés s’en trouveront alors réconfortés et reprendront le chemin de la hausse, anticipant le rebond de la croissance américaine vers les 3 % pour 2008, rendu possible par la phase d’assouplissement monétaire de la Fed (qui amènera le taux objectif des federal funds à 4,5 % au printemps 2008).

 Malheureusement, si nous sommes confiants quant au pragmatisme de la Fed , nous le sommes tout autant quant à l’irrationalité de la BCE. Ainsi , cette dernière devrait refuser de baisser le taux refi, peut-être même l’augmentera-t-elle une fois encore début septembre. Déjà entamé depuis quelques mois, le ralentissement eurolandais s’intensifiera alors. Et ce, en particulier en France où la croissance repose principalement sur la résistance de la consommation et la bulle immobilière, toutes deux entretenues par la forte augmentation de l’endettement. A présent que les banques et les organismes de crédits vont devoir être plus prudents et que les cours immobiliers vont commencer à refluer, il va falloir payer la facture. Tant cette année qu’en 2008, la croissance française risque donc de culminer à 1,8 %.

 Monsieur Sarkozy a beau demander à Madame Merkel de « faire quelque chose », c’est déjà trop tard. Non seulement parce que les gouvernements ne peuvent pas grand-chose à la spéculation sans laquelle les marchés financiers n’existeraient d’ailleurs pas. Mettre un gendarme derrière chaque opérateur financier n’aurait donc aucun sens. Mais surtout, les marchés financiers ne sont absolument pour rien dans la faiblesse de la croissance française, qui est simplement due aux structures de notre économie que l’on refuse de réformer dans le bon sens depuis 25 ans…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marc TOUATI     www.acde.biz

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